Samedi 17 janvier 2009
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Je viens de passer 10 bonnes minutes avec Axel, mon petit "Bébé-Bonheur" à "mocaliser" comme dirait notre cher ami, Dany Boon. J'entends par là que je lui montre des objets, des personnes en les nommant bien distinctement.
- Maman, Maman. Axel. Martin. Charlotte. Bavette. Girafe...
Oui, des mots qui l'intéressent. On verra plus tard pour : Nintendo, télé... On a bien le temps de voir venir.
L'apprentissage du langage est une étape super importante. Et j'avoue que j'adore ! Je me suis vraiment régalée à entendre tous les petits mots de mes deux aînés.
Leurs petites phrases rigolotes. Du genre, Charlotte, un peu avant ses 2 ans (on sortait de la voiture pour aller marcher dans la neige en montagne) : "Maman, yayout ?" avec un regard tout étonné. Comprenez : "Maman, pourquoi y a du yaourt partout parterre ?"
Et d'un souvenir à l'autre, je me suis souvenue d'une expérience qui m'a vraiment marquée.
Martin (mon deuxième) était un bébé super calme. Un pépère tranquille. A 1 mois, il faisait déjà ses nuits.
Et puis aux alentours de 6 mois, il s'est remis à se réveiller en pleine nuit, à pleurer, et même à réclamer un biberon pour se rendormir. J'en ai donc parlé à la pédiatre qui le suivait. C'était
vraiment une pédiatre très compétente, très psychologue.
Elle m'a dit qu'effectivement ce n'était pas normal puisque ça faisait 5 mois qu'il ne prenait plus de tétée ou de biberon la nuit, il ne fallait pas l'habituer à cela. Il devait bien y avoir une
raison.
Est-ce qu'on avait vécu un chamboulement chez nous ? Est-ce que j'étais plus énervée ? Est-ce que mon mari avait des problèmes de boulot ? Tout
ce nouveau stress pourrait être ressenti par le bébé et l'inquiéter.
Et bien, non, justement, mon mari venait de signer un CDI pas trop loin de chez nous. Tout allait pour le mieux.
Alors elle s'est mise à me poser des questions sur mon enfance.
Est-ce que moi, à 6 mois, j'avais vécu un épisode bouleversant. Non. Rien de particulier.
Et mes frères et soeurs ?
Oui, effectivement, lorsque mon petit frère était âgé de 6 mois, ma mère a eu un cancer de la peau. Grave. Elle a été hospitalisée puis en longue convalescence chez
nous. C'était mon père et mes grands-parents qui s'occupaient de nous. Durant cette période, mon petit frère ne voulait plus rien manger d'autres que des petits-suisses et de la purée de carotte.
Jusqu'à ce que ma mère puisse à nouveau s'occuper de lui.
Du coup, la pédiatre, transformée en psy pour l'occasion, m'a demandé comment j'avais vécu cette situation.
En tant que soeur aînée (j'avais 7 ans de plus que mon petit frère), j'avais pris ce problème très à coeur. Je ne voulais surtout pas que le bébé pleure, j'étais
toujours très soucieuse de savoir qu'on n'ait pas perdu sa sucette...
Et la pédiatre-psy m'a expliqué qu'il existait en psychologie des "parallèles", c'est-à-dire qu'une difficulté rencontrée à un moment donné pouvait se retrouver un
peu modifié dans un autre domaine. Inconsciemment, les émotions que j'avais emmagasinées à cette époque refaisaient surface aujourd'hui face à ce petit bébé - garçon - (je n'avais eu de soucis
avec ma fille) du même âge.
Elle a donc pris mon bébé dans ses bras et avec des mots, doux mais pas mielleux, elle lui a simplement expliqué que sa maman, il y a bien longtemps, avait un petit
frère, un bébé comme lui, qu'elle s'était fait beaucoup de soucis pour lui. Mais que maintenant tout va bien. Sa maman à lui n'est pas malade. Il n'a pas besoin de s'inquiéter.
Et voilà, je suis repartie.
Et bien, le soir-même, il s'est endormi paisiblement, il ne s'est pas réveillé comme il le faisait depuis quelques semaines. Et ces pleurs nocturnes ne sont plus
revenus !
Le pouvoir des mots ! Alors n'hésitons pas à parler avec nos enfants, conjoints, amis... Communiquons !