Mardi 2 février 2010
2
02
/02
/2010
10:11
Je suis en train de dévorer le dernier roman d'Anna Gavalda :
L'échappée belle
Je vous le recommande tout particulièrement.
Voici le résumé :
Simon, Garance et Lola, trois frères et soeurs devenus grands (vieux ?), s'enfuient d'un mariage de famille qui s'annonce particulièrement éprouvant pour aller
rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier d'un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle.
Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s'offrir une dernière vraie belle journée d'enfance volée à leur vie
d'adultes.
Extraits :
"Simon est comme nous : il n'aime pas les engueulades de fin de banquet, redoute les conflits et fuit les rapports de force. Il prétend que c'est de l'énergie mal employée et qu'il faut garder ses
forces pour des combats plus intéressants.
(...) Pourquoi sommes-nous ainsi tous les quatre ? Pourquoi les gens qui crient plus forts que les autres nous impressionnent-ils ? Pourquoi les gens agressifs nous font-ils perdre nos moyens ?
Qu'est-ce qui ne va pas chez nous ? Où s'arrête la bonne éducation et où commence la veulerie ?
(...)
On peut aussi dire que ce n'est pas de la lâcheté. On peut aussi admettre que c'est de la sagesse. Admettre que nous savons prendre du recul. Que nous n'aimons pas marcher dans la merde. Que nous
sommes plus honnêtes que tous ces gens qui moulinent sans cesse et n'irriguent nulle part. Oui, c'est ainsi que nous nous réconfortons . En nous rappelant que nous sommes jeunes et déjà lucides
(...) que la bêtise ne nous atteint pas tant que ça. Nous nous en moquons. Nous avons autre chose. (...) Nous sommes riches autrement.
Il suffit de se pencher à l'intérieur.
Il y a plein de choses dans notre tête. Plein de choses très éloignées de ces borborygmes racistes. Il y a la musique et les écrivains. Des chemins, des mains, des tanières. Des bouts d'étoiles
filantes recopiés sur des reçus de carte bleue, des pages arrachées, des souvenirs heureux et des souvenirs affreux. Des chansons, des refrains sur le bout de nos langues. (...)
On se rappelle que tout ça, cette apparente indifférence, cette discrétion, cette faiblesse aussi, c'est la faute de nos parents.
De leur faute, ou grâce à eux.
Parce que ce sont eux qui nous ont appris les livres et la musique. Ce sont eux qui nous ont parlé d'autre chose et qui nous ont forcé à voir autrement. Plus haut, plus loin. Mais ce sont eux aussi
qui ont oublié de nous donner la confiance. Ils pensaient que ça viendrait tout seul. Que nous étions un peu doués pour la vie et que les compliments nous gâcheraient l'ego.
Raté.
Ça n'est jamais venu.
Et nous sommes là. Sublimes toquards. Silencieux face aux excités avec nos coups d'éclat manqués et notre vague envie de vomir.
Trop de crème pâtissière peut-être..."
Par auclairdelaplume
-
Publié dans : mes lectures
-
5
-
Recommander
- Merci de tes visites régulières
- Merci pour tes comm toujours aussi sympa.
Bisous et bonne journée à toi
passe une belle semaine